

ZHANG Zai était un philosophe néo-confucéen chinois de la dynastie Song, né dans une famille de lettrés à Kaifeng (Henan). Après des études initiales du bouddhisme et du taoïsme qui le déçoivent, il se tourne vers les classiques confucéens sous l'influence de Fan Zhongyan, passant les examens impériaux en 1050. Il occupe des postes administratifs modestes, enseigne à l'Académie du Grand Ultime qu'il fonde près de son village natal Hengqu , et forme ses neveux Cheng Hao et Cheng Yi, futurs piliers du néo-confucianisme. Sa vie mêle érudition, engagement politique réformiste et méditation cosmologique, jusqu'à sa mort prématurée d'une maladie.
Au cœur de sa philosophie trône le qi (énergie vitale ou souffle cosmique), principe ontologique unique et omniprésent formant toute réalité : minéraux, plantes, humains, Ciel et Terre ne sont que condensations ou dispersions de ce qi en perpétuel mouvement. Contrairement au bouddhisme et au taoïsme qu'il critique pour leur vide, il affirme la réalité substantielle du monde, où être et non-être, intégration et désintégration s'unissent dans le changement (yi) inspiré du Yijing (Livre des mutations). Son œuvre majeure, Zhengmeng (Correction de la jeunesse), expose cette cosmologie matérialiste moniste, complétée par l'essai Ximing (Inscription à l'Ouest).
Dans Ximing, Zhang Zai proclame quatre buts ontologiques pour l'intellectuel : manifester l'esprit du Ciel et de la Terre, assurer le bien-être du peuple, raviver l'héritage des sages antiques, ouvrir la grande paix éternelle. Il étend la ren (bienveillance humaine) à l'univers entier, enseignant que le sage « forme un corps avec l'Univers » (tianren heyi), percevant l'interconnexion de tout qi et cultivant une piété cosmique confucéenne. Cette vision éthique universelle valorise la bonté innée de la nature humaine et du cosmos, opposée à l'évasion bouddhiste ou taoïste.