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Nikolaï NOVIKOV

Philosophes russes & Europe de l'Est
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Nikolaï NOVIKOV
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Maison russe des sciences et de la culture à Paris

Nikolaï NOVIKOV

1744 – 1818

Nikolaï NOVIKOV était un éditeur, journaliste, philosophe et philanthrope russe, l'une des figures les plus importantes des Lumières russes et du mysticisme maçonnique du XVIIIe siècle. Issu de la petite noblesse, il fit ses débuts littéraires comme satiriste dans des journaux fondés par lui-même — Le Frelon (1769), Le Peintre (1772), Le Porte-monnaie (1774) — où il critiquait la corruption de la noblesse et les abus du servage, se trouvant parfois en polémique directe avec Catherine II. Son activité éditoriale fut prodigieuse : il publia plus de 900 titres en vingt ans, contribuant de manière décisive à la diffusion des Lumières en Russie.

À partir des années 1780, il s'engagea profondément dans la franc-maçonnerie rosicrucienne, devenant le principal animateur des loges moscovites de tendance mystique et piétiste. Cette orientation, nourrie de la philosophie hermétique, du néoplatonisme et des théosophes occidentaux (Böhme, Swedenborg), représentait pour lui non une contradiction avec les Lumières mais un approfondissement spirituel : la raison seule ne suffisait pas, l'homme avait besoin d'une régénération intérieure. Il fonda des sociétés de bienfaisance, des bibliothèques populaires, des pharmacies pour les pauvres et des écoles, mettant en pratique ses idéaux philanthropiques.

Catherine II, méfiante envers ses activités maçonniques et ses liens avec des cercles allemands, le fit emprisonner en 1792 dans la forteresse de Schlüsselburg, où il demeura jusqu'à l'avènement de Paul Ier en 1796. Libéré mais brisé, il ne retrouva jamais son énergie d'antan. Sa figure incarne la synthèse caractéristique de la vie intellectuelle russe de son époque : Lumières et mysticisme, raison et foi, réforme et spiritualité, dans une tension féconde qui allait marquer durablement la culture russe.