

Nicolas de CONDORCET était un philosophe , mathématicien et homme politique français, figure emblématique des Lumières et défenseur du progrès humain indéfini. Il milita pour l’égalité des sexes, l’abolition de l’esclavage et de la peine de mort, tout en développant des idées pionnières en probabilités et en théorie du vote .
Issu d’une famille noble picarde, il intégra l’Académie des sciences à 26 ans et succéda à d’Alembert comme secrétaire perpétuel. Proche de Turgot et Voltaire, il fut élu à l’Assemblée législative en 1791, rédigeant des projets d’éducation publique universelle et gratuite. Pourchassé par les Jacobins pour son opposition modérée à la Terreur, il fut emprisonné et mourut dans des circonstances mystérieuses en prison.
Dans son Esquisse d’un tableau historique des progrès de l’esprit humain (1795, posthume), il expose l’idée de perfectibilité humaine infinie grâce à la raison, la science et l’éducation, rejetant les fatalismes religieux ou historiques. Il inventa le t « paradoxe de Condorcet » en analyse du vote et prôna une instruction publique laïque pour tous, y compris les femmes, comme vecteur d’émancipation sociale. Ses travaux mathématiques appliqués à la « mathématique sociale » visaient à optimiser les décisions collectives.
Sa philosophie repose sur l'idée de perfectibilité humaine infinie, où la raison, la science et l'éducation universelle mènent à un progrès moral et social indéfini, rejetant les fatalismes religieux ou historiques. Il défend les droits naturels préexistants à l'État – comme la propriété et la liberté – et prône des lois justes émanant d'une autorité légitime sans enfreindre l'individu, même au nom de la majorité.Pionnier de la "mathématique sociale", Condorcet publia Essai sur la théorie des probabilités appliquée aux décisions prises à la pluralité des voix (1785), introduisant le paradoxe portant son nom sur les incohérences des votes majoritaires. Parmi ses travaux : Du calcul intégral (1765), Du problème des trois corps (1767) et des mémoires sur les probabilités (1781-1784). Ces écrits appliquent les maths à la décision collective pour optimiser la justice sociale.
Précurseur de la démocratie moderne et de l’école républicaine, il inspira les réformateurs du XIXe siècle malgré son exécution tragique. Ses idées sur le progrès rationnel contrastent avec les mysticismes contemporains comme ceux de Saint-Martin.