Accueil

Louis-Claude de ST-MARTIN

Philosophes Renaissance & Lumières
71 / 84
Louis-Claude de ST-MARTIN
Vidéo — Louis-Claude de ST-MARTIN
"Louis-Claude de SAINT-MARTIN et le martinisme" par promethee moi

Louis-Claude de ST-MARTIN

1743 – 1803

Louis-Claude de ST-MARTIN dit « le Philosophe inconnu », était un philosophe et théosophe français, figure majeure du mysticisme chrétien au XVIIIe siècle. Issu d’une famille noble tourangelle, il chercha une voie spirituelle intérieure, rejetant les pratiques magiques pour privilégier la prière et la connaissance de soi comme moyens de réintégration divine.

Militaire de formation, il rencontra en 1768 Martinez de Pasqually, fondateur de l’Ordre des Élus-Cohën, dont il devint un disciple fervent, assistant à ses rituels théurgiques. Après la mort de son maître en 1774, il s’éloigna des opérations extérieures, publiant anonymement des œuvres comme Des erreurs et de la vérité (1775) et Le Tableau naturel (1782). Il a composé en 1790 « le nouvel homme » qui constitue une oeuvre majeure pour tous ceux qui s'intéressent à la pensée saint-martinienne et en premier chef pour les Martinistes, Vivant modestement comme secrétaire d’un magistrat à Paris, puis à Aulnay-la-Malherbe, il entretint une correspondance spirituelle avec des adeptes, influencé par Jakob Böhme et Swedenborg.

Pour lui, l’homme, issu d’une chute originelle, porte en lui une « pensée de Dieu » à développer par le libre arbitre et l’amour universel, menant à l’unité primordiale. Il opposait la raison matérialiste des Lumières à une révélation intérieure, voyant la société et l’individu comme des miroirs déformés de la Divinité à restaurer par la grâce et la vertu. Ses écrits insistent sur l’équilibre entre devoir moral, fraternité et intuition prophétique, préfigurant un ésotérisme non dogmatique.

Influençant Joseph de Maistre, Schelling ou René Guénon, il fonda une « école mystique » centrée sur la voie cardiaque, sans rituels extérieurs. Son rejet des utopies rationalistes et son appel à une régénération spirituelle résonnent encore dans la franc-maçonnerie martiniste et la théosophie moderne.