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Monique WITTIG

Philosophes français modernes
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Monique WITTIG
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"Monique Wittig, la révolutionnaire des sexes" par France Culture

Monique WITTIG

1935 – 2003

Monique WITTIG était une écrivaine et philosophe française, figure fondatrice du féminisme matérialiste et de la théorie queer en France. Elle fut l'une des fondatrices du Mouvement de libération des femmes (MLF) en 1970. Auteure d'une œuvre littéraire et théorique d'une grande originalité, elle s'installa aux États-Unis dans les années 1970 où elle enseigna dans plusieurs universités, contribuant à diffuser la pensée féministe française à l'échelle internationale.

Son premier roman, L'Opoponax (1964, prix Médicis), est une œuvre expérimentale qui décrit l'enfance à travers un pronom impersonnel qui efface le genre, préfigurant ses réflexions théoriques ultérieures sur la langue et le genre. Les Guérillères (1969) est un roman collectif qui figure une utopie féministe radicale. Le Corps lesbien (1973) propose une réécriture poétique et politique du corps féminin et de la sexualité lesbienne. Ces œuvres litté raires mettent en pratique une déconstruction du langage comme vecteur de l'oppression patriarcale.

Dans ses essais théoriques, réunis dans La Pensée straight (2001), Wittig développe une critique radicale de l'hétérosexualité obligatoire comme régime politique qui produit les catégories de « femme » et d'« homme » comme classes. Sa thèse centrale — « les lesbiennes ne sont pas des femmes » — affirme que la catégorie « femme » est une construction politique de l'hétérosexualité dominante et que les lesbiennes, en refusant ce rapport, échappent à cette catégorie. Cette pensée a profondément influencé Judith Butler et les théories queer contemporaines.