

Maurice BLONDEL était un philosophe français catholique, auteur d'une œuvre qui constitua l'une des entreprises philosophiques les plus ambitieuses et les plus controversées de la France du XXe siècle. Né à Dijon, normalien et agrégé de philosophie, il enseigna à l'Université d'Aix-en-Provence jusqu'à sa retraite, et travailla dans ses dernières années malgré la perte progressive de la vue. Sa philosophie de l'action déclencha des débats théologiques et philosophiques d'une ampleur considérable.
Sa thèse principale, L'Action (1893), est une œuvre fondatrice. Contre toutes les philosophies qui traitent l'action comme une simple conséquence de la pensée ou de la volonté, il montre que l'action constitue la structure fondamentale de l'existence humaine, et que l'analyse de l'action révèle une inadéquation irréductible entre ce que nous voulons et ce que nous pouvons réaliser, inadéquation qui renvoie à une dimension transcendante. Cette thèse, qui visait à montrer la rationalité philosophique de l'ouverture à la révélation chrétienne, fut à la fois admirée et soupçonnée par les théologiens catholiques.
Sa Trilogie — La Pensée (1934), L'Être et les êtres (1935) et L'Action (1936-1937, version refondue) — représente la maturité de sa pensée, réarticulant les rapports entre être, pensée et action dans un système cohérent. Sa correspondance avec Laberthonnière et sa polémique avec Maurras témoignent de son engagement dans les débats religieux et politiques de son temps. Son influence sur la philosophie catholique et sur le renouveau théologique du XXe siècle (notamment le mouvement de la Nouvelle Théologie) fut considérable.