

Friedrich Heinrich JACOBI était un philosophe juif allemand, critique majeur du rationalisme des Lumières et promoteur d'une philosophie du sentiment et de la foi, opposée à la raison spéculative. Il accusa les systèmes philosophiques de Spinoza, Kant et leurs successeurs de mener inévitablement au nihilisme et au panthéisme, en niant la réalité personnelle de Dieu et la liberté humaine. Issu d'une famille de marchands de sucre à Düsseldorf, il dirigea l'entreprise familiale avant d'entrer en politique comme conseiller ministériel dans les duchés de Berg et Juliers, puis président de l'Académie des sciences de Munich. Ami de Goethe et Lessing, il déclencha la fameuse "querelle du panthéisme" en révélant que Lessing s'était confessé spinoziste, critiquant ainsi l'idéalisme comme une réduction du réel à un mécanisme rationnel sans fondement absolu .
Il distinguait la Verstand (raison discursive, limitée au conditionné et au déterminisme du "rien ne sort du néant") de la Vernunft (raison supérieure, intuitive, accédant à la révélation immédiate via le sentiment et la foi). Pour lui, toute connaissance systématique repose sur un "saut de la foi" hors de la logique : Dieu, la liberté et l'immortalité ne se prouvent pas, mais se saisissent dans une certitude immédiate du cœur, évitant le nihilisme des philosophies conséquentes.
Ses Œuvres principales : - Sur la doctrine de Spinoza en lettres à Monsieur Moses Mendelssohn (1785) : Débat avec Mendelssohn, dénonçant Spinoza comme aboutissement fatal du rationalisme. - David Hume sur la foi (1787) : Défend la croyance immédiate contre le scepticisme empirique. - Du divin (1811) : Synthèse tardive sur la révélation personnelle et l'ordre divin des valeurs.