

Ivan AKSAKOV était un publiciste, poète et penseur politique russe, fils de Sergueï Aksakov et frère de Constantin Aksakov, l'un des principaux représentants du slavophilisme tardif et du panslavisme dans la seconde moitié du XIXe siècle. Journaliste et animateur de presse, il dirigea successivement plusieurs journaux et revues slavophiles — notamment Den' (Le Jour), Moskva (Moscou) et Rous' (La Russie) — qui lui valurent à plusieurs reprises la censure et même l'interdiction de publier par les autorités impériales.
Sa philosophie politique s'inscrit dans la tradition slavophile initiée par Khomiakov et son frère Constantin, mais avec une accentuation plus politique et panslave. Contre l'occidentalisme libéral et contre l'absolutisme bureaucratique de l'État russe, il défend un idéal de liberté morale fondée sur la foi orthodoxe et les valeurs communautaires du peuple russe. Son concept de svoboda (liberté) est distinct de la liberté politique occidentale : c'est une liberté intérieure, spirituelle, incompatible avec la tutelle d'un État bureaucratique mais aussi avec les illusions du constitutionnalisme bourgeois.
Ses écrits sur la guerre russo-turque de 1877-1878 et sur la question d'Orient illustrent son engagement panslav : l'émancipation des peuples slaves des Balkans sous la domination ottomane était pour lui une mission sacrée de la Russie. Son discours à la Société slave de Moscou (1878), qui critiquait la diplomatie russe au Congrès de Berlin, lui valut un avertissement impérial. Il incarne la figure du publiciste-prophète slavophile, voix du peuple contre l'État bureaucratique et contre la corruption occidentale de la culture russe.