

Gabriel MARCEL était un philosophe et dramaturge français, généralement classé parmi les représentants majeurs de l’existentialisme chrétien et du personnalisme. Il préférait toutefois se définir comme un penseur « néo-socratique » ou comme un philosophe de l’existence, car il se méfiait de l’étiquette existentialiste, notamment en raison de son opposition à Sartre parce qu’il ne considère pas l’existence comme abandonnée à l’absurde : pour lui, la fidélité, l’amour et l’espérance ouvrent l’être humain à une dimension transcendante.
Le point de départ de sa pensée est l’existence concrète, vécue par une personne située dans une histoire, un corps et des relations. Il refuse de traiter l’être humain comme un objet que l’on pourrait analyser de manière entièrement extérieure : nous sommes toujours engagés dans le monde et impliqués dans les situations que nous cherchons à comprendre.
Il distingue le problème du mystère. Un problème est extérieur à moi et peut être résolu par une méthode technique ; un mystère, au contraire, m’implique intérieurement et ne peut être réduit à une simple explication. L’amour, la fidélité, la souffrance, la mort et l’espérance relèvent ainsi du mystère de l’existence plutôt que d’un problème à résoudre.
Il accorde une grande importance à la présence, à la disponibilité, à la fidélité et à l’espérance. La personne se réalise dans la rencontre avec autrui, et non dans l’isolement d’une conscience individuelle ; cette relation humaine trouve finalement son accomplissement dans la relation à Dieu, conçu comme le « Toi absolu ».