

Jean WAHL était un philosophe français, professeur à la Sorbonne, il joua un rôle capital dans la réception des philosophies étrangères en France — Kierkegaard, Hegel, Heidegger, Whitehead, la philosophie américaine — et fonda en 1946 le Collège philosophique, institution unique qui donna pendant trente ans une tribune aux philosophes du monde entier à Paris.
Sa thèse sur Le Malheur de la conscience dans la philosophie de Hegel (1929) est un texte fondateur de la lecture existentialiste de Hegel en France : en mettant en lumière la dialectique de la conscience malheureuse dans la Phénoménologie de l'Esprit, il contribua décisivement à orienter la réception française de Hegel vers les thématiques de l'existence, de la finitude et de la transcendance. Cette lecture influença profondément Sartre, Bataille et Merleau-Ponty.
Arrêté par les nazis en 1941 et interné à Drancy, il réussit à s'évader et à rejoindre les États-Unis où il enseigna jusqu'à la Libération. Cette expérience nourrit sa réflexion sur l'existence, la finitude et la transcendance. Dans sa Traité de métaphysique (1953) et dans ses recueils poétiques — car il était aussi poète — il chercha à articuler l'expérience du tragique et de la joie dans une philosophie de la « trans-ascendance ». Homme de dialogue exceptionnel, il fut le passeur entre les grandes traditions philosophiques européenne et américaine.