

Bernard BOLZANO était un philosophe, logicien et mathématicien tchèque d'origine italienne, prêtre catholique et professeur à Prague, connu pour son œuvre monumentale Wissenschaftslehre (1837), une théorie de la science visant à fonder toutes les disciplines sur une logique rigoureuse. Il distingue trois domaines : le langage (mots, phrases), la pensée subjective (idées et jugements humains) et le domaine logique objectif (idées "en soi" et propositions "en soi"), qui existent indépendamment de l'esprit humain, anticipant la sémantique moderne.
Sa philosophie exposée principalement dans sa Wissenschaftslehre (1837), vise à établir une théorie universelle de la science reposant sur des fondements logiques indubitables. Il distingue trois domaines distincts : le langage (mots et phrases), la pensée subjective (idées et jugements humains) et le domaine objectif de la logique (idées "en soi" et propositions "en soi"), ces dernières existant indépendamment de tout esprit, comme des entités abstraites atemporelles et accessibles par la raison pure.
Il révolutionne la logique en introduisant les "propositions en soi" (Sätze an sich), vérités objectives analysables par leurs parties constitutives (représentations objectives). La relation clé est celle de "fonction" ou "fondation" (Abfolge), où une vérité se justifie par des vérités plus fondamentales, formant une hiérarchie architectonique des sciences : chaque discipline est un sous-ensemble cohérent du domaine total des vérités, organisé déductivement mais aussi objectivement.
Il rejette l'idéalisme subjectif de Kant ou Hegel : les vérités mathématiques et logiques ne dépendent pas de la constitution humaine, mais préexistent comme réalités objectives. Sa sémantique propositionnelle anticipe Frege et la logique moderne, avec une déduction stricte (degré 1 de validité) opposée aux contradictions (degré 0) et aux probabilités.
Il applique cette rigueur à une éthique et une métaphysique objectivistes : le bien et le mal sont des propriétés objectives des actions, fondées sur des impératifs catégoriques logiques. Sa pensée, anti-sceptique, cherche à ancrer toute connaissance dans des bases irréfutables pour éviter le doute radical.