

Antonio CASO était un philosophe mexicain connu pour sa critique du positivisme et pour un humanisme spiritualiste influent dans la culture intellectuelle mexicaine. Il cofonde en 1910, avec José Vasconcelos et d’autres, l’Ateneo de la Juventud, cercle intellectuel qui s’oppose au positivisme dominant dans le Mexique porfirien. Il défend un christianisme philosophique libéral inspiré notamment de Blaise Pascal et de Tolstoï, mettant en avant la liberté, la vie intérieure et la dimension spirituelle de l’être humain.
Son ouvrage clé, "La existencia como economía, como desinterés y como caridad" paru en 1916, propose une anthropologie où l’existence humaine se déploie en trois niveaux: l’économie (survie, utilité), le désintéressement (contemplation) et la charité ou amour. Dans cette perspective, il distingue choses, individus et personnes, en attribuant aux personnes la capacité de désintéressement et d’amour, c’est‑à‑dire de créer des valeurs et de dépasser l’égoïsme.
Sa métaphysique met l’accent sur le processus, la liberté, la vie et l’esprit: la réalité est pour lui un dynamisme fluide que le schéma logique traditionnel (sujet‑prédicat) fige et déforme. Il s’inspire surtout d’Henri Bergson, mais aussi de Kant, Schopenhauer, Nietzsche et plus tard Husserl, dont il commente la phénoménologie dans ses écrits tardifs sur la personne humaine et l’État totalitaire.
Il est considéré comme un précurseur de la sociologie au Mexique: il crée la chaire de sociologie à l’université et publie "Sociología genética y sistemática" paru en 1922 puis un manuel de Sociología en 1940, très utilisé dans les universités mexicaines.