

William Ernest HOCKING était un philosophe idéaliste américain de Harvard, disciple de Josiah Royce et figure majeure du « personnalisme de Harvard », courant qui met l’accent sur la personne spirituelle et la conscience en tant que cœur de la réalité. Il poursuit et révise l’idéalisme de Royce en le rendant plus compatible avec l’empirisme, le naturalisme et le pragmatisme américains.
Dans sa métaphysique, il défend l’idée que le monde est une pluralité de substances spirituelles conscientes, toutes reliées à un Absolu ou à un « Autre Esprit » que l’on peut identifier à Dieu. Il soutient que la communication entre êtres humains suppose cette conscience globale de l’Univers, et que Dieu est la cause première de la créativité et de la réalité elle‑même,
En philosophie de la religion, il développe une théologie non dogmatique : la vérité religieuse se découvre dans l’expérience vivante du Divin plutôt que dans des croyances figées ou des institutions. Il critique la science qui voudrait exclure complètement le religieux, en affirmant que l’universel et le sens ultime ne sont accessibles que par une forme d’expérience spirituelle.
Il est aussi connu pour sa théorie du « pragmatisme négatif » : si une idée réussit pratiquement, elle peut être vraie, mais si elle échoue, elle ne peut pas l’être, car « la vérité fonctionne toujours ». Ce critère lui permet de garder une place pour le pragmatisme tout en refusant de réduire la vérité à l’utilité immédiate.
il s’engage dans la réflexion politique et éthique, en défendant une forme de libéralisme renouvelé où la liberté ne se réduit pas à l’absence de contrainte, mais à la possibilité pour chaque individu de « devenir un homme entier » en développant ses capacités. Il insiste sur le droit fondamental de chacun à développer les puissances qui sont en lui, ce qui relie sa philosophie à des questions de justice sociale, de droits humains et de responsabilité mondiale.