

XUN ZI était un philosophe confucéen majeur de la période des Royaumes combattants en Chine, considéré comme le dernier des grands maîtres du confucianisme classique après Confucius et Mencius. Issu de l'État de Zhao, il étudia à l'Académie Jixia au Qi avant de voyager et d'enseigner, influençant des disciples comme Han Feizi et Li Si, qui dévièrent vers le légalisme. Pragmatique et rationaliste, il rejette les superstitions, voyant le Ciel comme un ordre naturel fixe plutôt qu'une force morale punitive.
Contrairement à Mencius qui croyait la nature humaine bonne, il affirme que "la nature humaine est mauvaise" : les hommes naissent égoïstes, mus par des désirs instinctifs de profit et de plaisir, menant au chaos sans éducation. La sagesse et la vertu s'acquièrent par l'effort délibéré, les rites (li) et la musique transformant ces tendances via l'apprentissage et la discipline sociale. Pour lui, les anciens sages ont inventé les normes morales par raison, non par révélation divine, comme des repères pour traverser un gué dangereux.
Sur le plan politique, il défend une monarchie éclairée où le souverain maintient l'ordre par les rites, la loi et l'autorité, rectifiant les "noms" (zhengming) pour que chacun accomplisse son rôle social. Il valorise le "roi moral" (wang dao) sur la force brutale, mais intègre des éléments légalistes : lois claires, punitions et éducation pour stabiliser la société face au contexte des guerres. Les rites marquent les hiérarchies sans mysticisme, préservant l'harmonie par des structures pragmatiques.
Son œuvre, le Xunzi en 32 livres, a enrichi le confucianisme en le rendant plus réaliste, influençant le légalisme impérial Qin et la pensée chinoise ultérieure malgré une sous-estimation post-Song. Sa vision rationaliste de l'effort humain face à une nature indifférente préfigure des idées modernes en philosophie politique et éthique.