

MOZI était un philosophe chinois, fondateur du mohisme, une école rivale du confucianisme pendant la période des Royaumes combattants. Issu d'un milieu modeste, peut-être artisan, et aurait initialement suivi les enseignements de Confucius avant de les rejeter pour leur excès rituel. Il voyagea entre les États féodaux en guerre pour permettre aux princes d'adopter ses idées et éviter les conflits, renforçant même les défenses des États attaqués. Il mena une vie ascétique, simple et dédiée aux gens du peuple, contrastant avec l'orientation aristocratique de Confucius, et forma une école organisée avec des disciples influents.
Son concept central , l'amour impartial (jian ai), prône d'aimer autrui sans distinction comme soi-même, pour remplacer l'égoïsme source de chaos par une universalité bénéfique à tous, justifiée par l'utilitarisme et la volonté du Ciel. Il défendait la méritocratie (élévation des vertueux), l'unité sous un autorité supérieure, l'opposition à la guerre offensive, l'économie dans les dépenses et funérailles, la croyance en des fantômes percevants et en un Ciel moral récompensant la justice.
Le "livre Mozi", compilé par ses disciples, compte 71 chapitres originaux (dont 18 perdus), divisés en doctrines centrales (ex. exaltation des dignes), chapitres dialectiques sur la logique et sciences, récits et manuels militaires défensifs. Bien que le mohisme ait décliné au IIIe siècle av. J.-C., ses idées sur l'utilitarisme et la méritocratie influencèrent la Chine impériale et résonnent encore aujourd'hui.