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Vine DELORIA Jr.

Philosophes orientaux & africains
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Vine DELORIA Jr.
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Vine Deloria Jr par Philosopphy and interesting readings

Vine DELORIA Jr.

1936 — 2005

Vine DELORIA Jr. était  un intellectuel sioux (tribu Yankton Dakota), théologien, historien et activiste pour les droits des peuples autochtones d’Amérique du Nord. Il est surtout connu pour son livre Custer Died for Your Sins: An Indian Manifesto (1969), qui a profondément marqué le mouvement des droits indigènes aux États‑Unis et a contribué à lancer les études amérindiennes. Il se présente comme un penseur « révolutionnaire » qui critique la décadence de la culture américaine et milite pour que les jeunes Amérindiens se reconnectent d’abord à leurs propres savoirs avant de s’approprier la pensée occidentale.

Sa philosophie repose sur une critique radicale de la pensée occidentale linéaire, centrée sur l’écrit et sur une histoire vue comme progressiste, contrairement à une compréhension « spatiale » et holistique du monde propre aux peuples autochtones. Il insiste sur la centralité de la terre, du territoire sacré et des relations entre les êtres vivants (humains, non‑humains, esprits) comme fondement de l’éthique et de la spiritualité indigènes. Pour lui, la religion amérindienne n’est pas constituée de « croyances » abstraites, mais de pratiques concrètes et d’expériences vécues dans la relation au paysage, aux ancêtres et aux communautés.

Dans  God is Red (1973), il confronte la vision chrétienne du monde à la vision amérindienne, montrant que les traditions autochtones sont plus en phase avec les problèmes contemporains, notamment environnementaux et spirituels. Il critique l’anthropologie et autres sciences occidentales qui ont longtemps traité les peuples indigènes comme des objets d’étude, souvent racistes et coloniaux, et plaide pour une connaissance « indigène » qui se fonde sur la parole, la mémoire et la pratique plutôt que sur la seule abstraction. Il dénonce aussi le marxisme lorsqu’il réduit les cultures non‑européennes à des « cas » sociologiques, tout en reconnaissant que sa critique du capitalisme peut servir les luttes autochtones.

Il est souvent considéré comme un penseur clé de la décolonisation : il requalifie la souveraineté indigène non comme un simple statut politique, mais comme une forme de pouvoir constituant ancré dans la relation sacrée à la terre. Il défend des sociétés autochtones comme possédant des formes de pensée rationnelles, religieuses et politiques propres, capables de proposer des alternatives à la modernité capitaliste et extractiviste. Sa pensée continue d’inspirer les mouvements indigènes ainsi que les théoriciens de la justice environnementale et de la décolonisation des savoirs.