

Susan NEIMAN est une philosophe et essayiste américaine spécialisée dans la philosophie morale et l’histoire des idées des Lumières. Engagée politiquement dès sa jeunesse, elle a étudié la philosophie à Harvard sous la direction de John Rawls, puis à l’Université libre de Berlin et elle dirige aujourd’hui le Forum Einstein à Potsdam, en Allemagne.
Elle propose une lecture critique de la réalité, questionnant sans relâche la distance entre ce qui existe et les idéaux de justice ou de raison que l’humanité porte. Sa démarche vise à réinvestir les questions morales et à renforcer la "clarté morale" dans le débat public, refusant que la réflexion éthique soit laissée à des discours conservateurs ou autoritaires. Elle s’inspire particulièrement de Kant, Rousseau et Hannah Arendt, pour défendre l’importance des idéaux, le progrès et la morale, et s’oppose à une lecture désenchantée du réel portée par Freud ou Foucault.
Son travail interroge notamment la question du mal et l’intelligibilité du monde face à la souffrance des innocents. Dans ses essais comme Penser le mal et Moral Clarity, elle revisite les conceptualisations du mal de Leibniz, Hume, Kant ou encore Freud, pour proposer une nouvelle perspective nourrie par les Lumières ou "être de gauche ne signifie pas être woke". Elle s’attache à redonner à la philosophie une portée universelle et pratique, qui encourage chaque individu à penser activement ses engagements et à façonner la société.
Elle milite pour un idéal de l’âge adulte qui conjugue esprit critique, engagement pour la justice et refus du cynisme ou du désespoir face aux difficultés du monde et elle défend une philosophie morale exigeante, contemporaine et tournée vers la transformation politique et sociale, en puisant dans les idéaux des Lumières pour répondre aux défis d’aujourd’hui.