

Richard de MEDIAVILLA était un philosophe franciscain scolastique français surnommé "doctor solidus" pour la solidité de sa pensée. Il participe aux débats scolastiques entre thomistes et franciscains, critiquant Thomas d'Aquin tout en intégrant des éléments aristotéliciens et avicennisants. Sa postérité a longtemps été éclipsée par Duns Scot et Thomas, mais des éditions récentes révèlent son influence pionnière.
Ses Questions disputées et Quodlibets (édités en plusieurs tomes depuis les années 2010) traitent de Dieu, des anges, des démons et de l'homme. Ces textes explorent la physique du mouvement, l'optique et les mathématiques appliquées à la théologie. Il distingue l'infini en acte (Dieu) de l'infini virtuel (créatures), posant le possible comme dimension ontologique de l'être, au-delà de la simple contingence. Il redéfinit la matière comme lieu du possible pour individualiser les anges sans multiplicité d'espèces, anticipant l'ecceitas scotiste. Critique de l'éternité du monde, il articule liberté divine, naturalisme et sciences.
Il débat avec Pierre de Jean Olivi et Henri de Gand, s'opposant à la création éternelle condamnée en 1277. Reconnu comme "le plus thomiste des franciscains", il dépasse les tensions franciscaines par une métaphysique du possible influençant les XIVe-XVe siècles.