

Pierre de JEAN OLIVI était un philosophe franciscain français né à Sérignan dans l'Hérault, il exerça une influence majeure sur les Franciscains du Languedoc et les Béguins au XIIIe siècle. Figure intellectuelle controversée, il défendit une vision radicale de la pauvreté apostolique et développa une pensée scolastique originale, critiquant Thomas d'Aquin tout en influençant Duns Scot et Guillaume d'Occam. Malgré des censures répétées, ses idées sur la volonté libre, l'économie et l'eschatologie joachimite marquèrent la fin du Moyen Âge.
Il priorisa la liberté de la volonté sur l'intellect, distinguant propriété et usufruit pauvre pour justifier la vie franciscaine, et légitima le commerce en valorisant l'usage subjectif des biens face à l'avarice. Anti-aristotélicien modéré, il attaqua les philosophes sur leur terrain pour défendre la révélation, prévoyant une ère spirituelle post-antichristique de 600 ans. Sa pensée sociale, pionnière en économie subjective, influença jusqu'à l'époque moderne.
Auteur prolifique, il rédigea les Questions sur l'Évangile de Jean, les Questions sur la perfection évangélique (dont la question 8 sur la pauvreté), le Traité des contrats (1293-1295) analysant la moralité marchande, et un commentaire de l'Apocalypse inspiré de Joachim de Flore. Ces textes couvrent théologie, philosophie, exégèse et économie, avec une chronologie d'œuvres s'étendant des années 1270 à 1298.
Condamné pour hérésie en 1283, exhumé puis réhabilité post-mortem en 1298, il incarna les tensions internes à l'ordre franciscain sur la pauvreté et l'obéissance. Son indépendance d'esprit le distingua face à la hiérarchie ecclésiastique.