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Râm Mohan ROY

Philosophes orientaux & africains
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Râm Mohan ROY
Vidéo — Râm Mohan ROY
Raja Ram Mohan ROY par National Film India

Râm Mohan ROY

1772 – 1833

Râm Mohan ROY était un philosophe et l'un des réformateurs sociaux et religieux les plus influents du XIXe siècle en Inde, surnommé le « Père de la Renaissance indienne ». Issu d'une famille de lettrés brahmanes, il a reçu une éducation polyglotte (bengali, persan, arabe, sanskrit, anglais, grec, hébreu) qui a nourri son scepticisme envers les dogmes religieux et les contraintes sociales.

Sa pensée philosophique repose sur le monothéisme universel  et l'idée que le monothéisme est le principe fondamental commun à tous les textes religieux των hindous, musulmans et chrétiens. Il s'est particulièrement intéressé à l'unitarisme chrétien et a étudié profondément les Vedas, les Upanishads et la philosophie hindoue, tout en explorant les textes religieux de l'islam et du christianisme, cherchant à purifier l'hindouisme de ses « impuretés » accumulées au fil du temps.

Il place toujours son action sous l'autorité des Vedas, Upanishads et Brahmasūtra, affirmant que selon les écritures hindouistes, le meilleur moyen d'atteindre la félicité est la contemplation spirituelle et le culte de l'Être Suprême, tandis que les rites sacrificiels sont réservés aux dévots de moindre évolution spirituelle. Il condamne avec virulence l'idolâtrie, le polythéisme, le culte des images et les rituels hindous orthodoxes, championnant la méditation comme essence de la vie spirituelle plutôt que les pratiques extérieures.

Son engagement social est guidé par des considérations humanitaires : il est crédité pour la condamnation de la sati (immolation des veuves sur le bûcher de leur mari), s'oppose à la polygamie qu'il juge contraire au droit hindou, et milité pour les droits des femmes, notamment le droit des veuves à se remarier et à posséder des biens. Il ne fait pas de distinction entre le religieux et le séculier, croyant que la religion est le lieu de tous les changements fondamentaux, luttant non contre la religion mais contre ce qu'il considère comme sa perversion.

En 1828, il fonde le Brahmo Samaj (Société de Dieu), premier mouvement de réforme socio-religieuse indien qui rejette le système des castes, le polythéisme et le culte des images, tout en adoptant certaines pratiques chrétiennes dans son culte. Ce mouvement a joué un rôle majeur dans la modernisation de l'Inde, ouvrant la voie à l'indépendance nationale et à la pensée universaliste portée ensuite par Debendranath Tagore et Rabindranath Tagore, qui l'appelait « Bharatpathik » pour son esprit de pluralisme, de tolérance et de respect cosmique de toutes les formes de vie.