

PRISCIEN de Lydie était un philosophe néoplatonicien, disciple de Damascios et membre du cercle des derniers philosophes de l'Académie d'Athènes. Après la fermeture de celle-ci par l'édit de Justinien en 529, il s'exila en Perse avec Damascios et Simplicius, à la cour du roi sassanide Khosrô Ier.
Priscien est surtout connu pour ses Solutions aux questions de Khosrô (Solutiones ad Chosroem), un texte philosophique rédigé à la demande du roi de Perse, qui témoigne des échanges intellectuels entre la philosophie grecque et la cour perse. Il rédigea également un commentaire sur le De Anima d'Aristote, s'inscrivant dans la tradition néoplatonicienne d'harmonisation entre Aristote et Platon.
Deux traités de Priscien ont traversé l’Antiquité : - « Une Métaphrase de Théophraste » sur la perception des sens (ou Metaphrasis in Theophrastum), qui reprend et reformule la théorie aristotélicienne et théophrastique de la perception sensorielle en la reliant à la tradition platonicienne. - « Les Réponses à Chosroès » (Solutiones ad Chosroem), un recueil de questions philosophiques posées par le roi perse et de réponses données par Priscien, conservé seulement dans une traduction latine tardive et corrompue.
Son œuvre illustre la mobilité des philosophes néoplatoniciens tardifs et la façon dont la pensée grecque se transmit à l'Orient. Priscien fait partie de ces passeurs discrets dont le rôle fut essentiel pour la survie du néoplatonisme et sa transmission ultérieure à l'Islam et à l'Occident médiéval.
Dans sa Métaphrase de Théophraste, Priscien s’inscrit dans une tendance néoplatonicienne qui cherche à articuler la psychologie aristotélicienne avec des thèmes platoniciens (notamment sur l’âme, les facultés et le processus cognitif). Les Réponses à Chosroès le montrent comme un philosophe assez sophistiqué, capable de répondre à des questions métaphysiques et cosmologiques dans un cadre à la fois philosophique et politique.