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PIERRE d'Ailly

Philosophes médiévaux
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PIERRE d'Ailly
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PIERRE d'Ailly

1351 – 1411

PIERRE d'Ailly était un philosophe et homme d’Église français, acteur clé du Grand Schisme d’Occident et représentant important du courant nominaliste à l’université de Paris. Il est nommé évêque du Puy en 1395, puis de Noyon et enfin de Cambrai en 1397, avant d’être créé cardinal et légat pontifical, notamment en Allemagne.

Il appartient au courant nominaliste ockhamiste : il utilise une analyse logique rigoureuse des dogmes, mais tout en restant dans le cadre de l’orthodoxie catholique, et il défend la primauté d’un concile général sur le pape dans les cas de crise.

Le Grand Schisme d’Occident (à partir de 1378) voit plusieurs papes rivaux ; il se fait connaître très tôt par sa "Lettre du démon Léviathan" où il réclame un concile général pour mettre fin au schisme. Au concile de Constance, il contribue à la déposition des papes rivaux, à l’élection de Martin V et à la condamnation de Jean Hus, qu’il considère comme un danger pour l’Église et l’ordre social.

Il s’intéresse fortement à l’astronomie, au calcul du temps et au calendrier ; il propose un projet de réforme du calendrier julien, anticipant les corrections du futur calendrier grégorien. Dans des ouvrages "De concordia astronomice veritatis et narrationis historice", il cherche à montrer l’accord entre les mouvements des astres, l’histoire et la théologie, tout en maintenant la liberté humaine. Il défend une astrologie "modérée" : l’influence des astres existe selon lui, mais n’abolit ni le libre arbitre ni la toute‑puissance de Dieu.

Son œuvre "Ymago mundi" est un recueil de traités scientifiques rédigé vers 1410 qui jouera un rôle inattendu à l’époque des grandes découvertes. Christophe Colomb possédait un exemplaire de ce livre, fortement annoté ; le chapitre qui insiste sur la relative étroitesse de l’océan Atlantique a conforté Colomb dans l’idée qu’il était possible d’atteindre l’Asie par l’ouest. Cette postérité fait de Pierre d’Ailly une figure de transition entre la scolastique médiévale et les horizons intellectuels des débuts de l’époque moderne.