

Pierre AURIOL était un philosophe & théologien franciscain français qui appartient à la tradition franciscaine et à la scolastique tardive, au moment où s’affirme la via moderna et le nominalisme, courant auquel il contribue avec Jean Duns Scot et, un peu plus tard, Guillaume d’Ockham.
Son œuvre se situe dans le contexte des grands débats universitaires sur la connaissance, l’universel, la théologie mariale et l’héritage d’Aristote. Il développe cette thèse dans un traité consacré à la conception de Marie (Tractatus de conceptione Beatae Mariae Virginis), qui marque la théologie franciscaine mariale du XIVᵉ siècle.
Dans son traité "De principiis" paru en 1312, il propose une théorie de la connaissance qui distingue fortement connaissance intuitive et connaissance abstractive. La connaissance intuitive est, pour lui, une connaissance directe et "présentielle" de l’objet, qui actualise la chose connue, alors que la connaissance abstractive saisit l’objet comme absent, d’une manière presque imaginaire. Il affirme que Dieu peut maintenir une connaissance intuitive même si la chose n’existe plus, mettant en avant le caractère absolu de cette intuition.
L’analyse de la connaissance le conduit à une théorie de l’universel : l’intellect ne conçoit pas d’abord son acte ni la chose réelle, mais un concept objectif, l’"être apparent ou intentionnel" distinct de l’être réel. Selon lui, l’individu est saisi non directement par l’intellect, mais par l’imagination liée à la sensibilité, d’où l’importance de la dimension sensible dans l’accès au singulier.