

FRANCOIS de Meyronnes était un philosophe scolastique français célèbre pour la vigueur de sa dialectique, au point d’être surnommé "Doctor illuminatus". Il entre chez les Franciscains et étudie la théologie à Paris, où il devient l’un des disciples les plus brillants de Jean Duns Scot. Il obtient le titre de maître en théologie en 1323 et meurt peu après en Italie, après avoir exercé diverses charges dans l’ordre franciscain.
Il se rattache nettement au scotisme : il suit en général les positions métaphysiques et théologiques de Duns Scot, tout en les développant de manière originale, au point de donner naissance à un courant dérivé, celui des "Meyronnistes". Il adopte un réalisme des universaux de type platonicien, fidèle à Scot, et va jusqu’à dénier à Aristote une contribution décisive à la métaphysique, ce qui accentue la distance avec le courant thomiste plus aristotélicien.
Son oeuvre couvre un spectre très large : commentaires de théologie, mais aussi réflexions sur la cognition humaine, la politique, l’économie, la nature de l’espace et même la possibilité d’"autres mondes", ce qui montre une curiosité théorique inhabituelle pour un théologien de son époque. Sur la question des universaux, il illustre une extrémité du réalisme scotiste, pendant que l’autre grand élève de Scot, Guillaume d’Ockham, radicalisera au contraire la voie nominaliste ; cette tension montre à quel point la pensée de Scot pouvait se prolonger dans des directions opposées.
Dans le domaine de la dévotion franciscaine, il contribue à la promotion de doctrines mariales comme l’Immaculée Conception, soulignant le rôle singulier de Marie dans l’économie du salut, ce qui l’inscrit dans la spiritualité franciscaine la plus marquée.