

Philipp FRANK était un physicien théoricien, mathématicien et philosophe des sciences austro-américain. Il fut l’un des membres fondateurs du Cercle de Vienne et participa, avec Hans Hahn et Otto Neurath, à la formation de ce qui allait devenir l’empirisme logique. Il enseigna notamment à Prague, où il succéda à Albert Einstein, avec lequel il entretint une longue relation intellectuelle et personnelle.
Sa philosophie appartient donc au positivisme logique, mais elle possède une orientation très empiriste, pragmatiste et historique. Il cherche à comprendre comment les théories scientifiques se construisent, comment elles sont confrontées à l’expérience et comment elles dépendent aussi de choix conceptuels. La science n’est pas, selon lui, une simple accumulation de faits : elle élabore des systèmes théoriques qui permettent d’organiser, de prévoir et d’interpréter les phénomènes.
Un thème important chez Frank est la critique de la causalité conçue comme une loi métaphysique absolue. Dans ses premiers travaux, il soutient que le principe de causalité ne peut être confirmé ou réfuté directement par l’expérience ; il fonctionne plutôt comme une convention ou une règle d’organisation des phénomènes. Cela ne signifie pas que la science soit arbitraire, car les théories doivent rester confrontées aux faits, mais que la forme générale de nos théories n’est pas imposée mécaniquement par l’expérience.
Il s’intéresse particulièrement à la théorie de la relativité d’Einstein. Il estime que la physique moderne montre le rôle conjoint de l’expérience et de la construction intellectuelle : une théorie scientifique est une création conceptuelle, mais elle doit être contrôlée par l’observation et l’expérimentation. Dans cette perspective, il défend une forme de relativisme méthodologique : le sens et la vérité d’un énoncé doivent être rapportés au cadre théorique, aux méthodes et aux conditions dans lesquels cet énoncé est formulé.