

György LUKÁCS était un philosophe et critique littéraire hongrois, l'une des figures les plus importantes du marxisme occidental et de la théorie esthétique du XXe siècle. Né à Budapest dans une famille de banquiers juifs aisée, il étudia à Berlin et à Heidelberg auprès de Simmel et de Weber, avant d'adhérer au Parti communiste hongrois en 1918 et de participer à la République des Conseils hongroise. Exilé après son échec, il vécut à Vienne, Berlin, Moscou et revint en Hongrie en 1945.
Ses deux œuvres de jeunesse — L'Âme et les formes (1911) et La Théorie du roman (1916) — sont des contributions majeures à la philosophie de la culture et à l'esthétique. Dans Histoire et conscience de classe (1923), son œuvre marxiste fondamentale, il développe les concepts de réification et de conscience de classe : le capitalisme produit une « réification » qui transforme les relations humaines en relations entre choses, et la conscience de classe du prolétariat est le seul sujet capable de saisir la totalité sociale et de surmonter cette aliénation. Ce texte fut l'un des fondements du marxisme occidental.
Dans ses œuvres tardives — L'Esthétique (1963) et Ontologie de l'être social (1971) — il tenta une synthèse marxiste de l'esthétique et de l'ontologie d'une ampleur encyclopédique. Ses travaux sur le réalisme littéraire, ses études sur Goethe, Balzac et Thomas Mann constituent des références importantes de la critique littéraire marxiste. Figure ambiguë par sa fidélité au communisme malgré les crimes staliniens, il reste l'un des philosophes les plus influents et les plus discutés du marxisme occidental.