

Patricia CHURCHLAND était une philosophe canadienne-américaine surtout connue pour avoir développé la neurophilosophie, c’est-à-dire une manière de penser l’esprit à partir des neurosciences plutôt qu’à partir d’une philosophie séparée de la biologie.
Sa thèse centrale est que pour comprendre la conscience, la décision ou la morale, il faut d’abord comprendre le cerveau. Elle défend une position proche du matérialisme éliminativiste, selon laquelle plusieurs notions de la psychologie ordinaire, comme certaines idées de croyance, de désir ou même de libre arbitre, devront être profondément révisées à mesure que la science du cerveau progresse.
Sur le plan moral, elle est connue pour une approche naturaliste : elle pense que la morale n’est pas fondée sur des valeurs abstraites ou intemporelles, mais sur notre nature biologique, nos capacités de coopération et nos mécanismes cérébraux. Cela la conduit à vouloir remplacer une partie de l’éthique traditionnelle par une compréhension scientifique des comportements moraux.
Sa pensée consiste à rapprocher fortement philosophie et sciences du cerveau. Là où Langdon Winner montre que la technique a une dimension politique, elle montre que nos idées les plus humaines — penser, choisir, juger moralement — sont aussi enracinées dans des processus biologiques qu’il faut étudier scientifiquement.