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Olimpia LOMBARDI

Philosophes contemporains — monde
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Olimpia LOMBARDI
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Olimpia Iris Lombardi par Portrait de philosophie Hermès

Olimpia LOMBARDI

1960

Olimpia LOMBARDI est une philosophe des sciences argentine, spécialisée dans les fondements de la physique et de la chimie, dont le travail porte notamment sur l’ontologie quantique, la flèche du temps et l’autonomie de la chimie par rapport à la physique.

Une partie centrale de son travail concerne la « flèche du temps » : elle défend une approche non entrópique et globale, cherchant l’asymétrie temporelle dans la structure géométrique de l’espace‑temps plutôt que seulement dans la thermodynamique. Avec des collaborateurs, elle montre comment cette asymétrie géométrique peut se traduire par un flux d’énergie orienté dans le temps, valable globalement dans l’univers. Elle a aussi travaillé sur le déterminisme et l’indéterminisme dans les systèmes chaotiques et instables, et contribue à une interprétation de la mécanique quantique dite « modale‑hamiltonienne », qui vise à clarifier ce que la théorie dit réellement sur la nature des systèmes quantique.

Sur le plan ontologique, elle soutient que, dans le domaine quantique fondamental, il n’y a pas de « choses » séparées au sens ordinaire, mais plutôt un tout indivisé où la notion classique d’individu perd son sens. Elle explore des logiques et des théories ensemblistes adaptées (par exemple des quasi‑ensembles sans atomes) pour décrire une ontologie de propriétés plutôt que d’objets individuels. Cette position la conduit à rejeter un réalisme naïf d’« objets quantiques » et à repenser la manière dont on parle d’« entités » en physique fondamentale.

Un autre axe majeur de sa philosophie est la défense de l’autonomie ontologique de la chimie par rapport à la physique. Avec Martín Labarca, elle argue que la chimie moléculaire ne se réduit pas simplement à la mécanique quantique : des notions centrales comme la structure moléculaire ont une pertinence et une stabilité qui exigent un cadre conceptuel propre. Elle défend un réalisme pluraliste : plusieurs niveaux de description (physique, chimique, etc.) peuvent être légitimes sans qu’il faille tout ramener à un seul niveau fondamental.

Dans ses entretiens, elle se décrit comme proche d’une philosophie « réflexive », fondée sur le doute permanent et une certaine humilité, plutôt que d’une posture « oraculaire » qui prétendrait donner des réponses définitives. Son projet général est d’articuler rigoureusement les résultats des sciences contemporaines (physique quantique, thermodynamique, chimie) avec des questions métaphysiques classiques : qu’est‑ce qu’un objet ? qu’est‑ce que le temps ? quel est le statut de la réduction entre sciences ? En ce sens, sa philosophie est à la fois technique (très informée par les équations et les interprétations physiques) et profondément métaphysique.