

Mezri HADDAD est un philosophe, journaliste et diplomate tunisien. Issu d’une famille modeste avec un père syndicaliste et une mère couturière, il débute dans le journalisme en Tunisie dans les années 1970, critiquant le régime de Bourguiba avant de s’exiler en France en 1984. Diplômé de la Sorbonne avec un doctorat en philosophie morale et politique en 1997 sur le théologico-politique dans l’islam et le christianisme, il devient le premier musulman qualifié maître de conférences en théologie catholique en France.
Sa carrière allie journalisme dans des médias comme Le Monde ou Libération, enseignement à l’université et diplomatie : ambassadeur de Tunisie à l’UNESCO de 2009 à 2011, il démissionne symboliquement avant la chute de Ben Ali. Auteur d’essais tels que La Face cachée de la révolution tunisienne (2011) ou Mon combat contre l’islamisme (2021), il fonde des think tanks et intervient sur la géopolitique et les religions.
Sa philosophie cible les totalitarismes religieux via une analyse comparative du « théologico-politique », vu comme une « maladie théocratique » universelle, non exclusive à l’islam. Sa thèse, saluée par Mohammed Arkoun, compare communisme et islamisme comme « fascisme vert », prônant une sécularisation pour la démocratie et rejetant l’intégrisme comme altération de l’islam originel.
Il défend une laïcité modérée contre l’extrémisme, critique les « idiots utiles » de l’islamisme en Occident et appelle à une réforme culturelle arabe. Il voit le « printemps arabe » comme un « hiver islamiste » et plaide pour un dialogue symbiotique des civilisations dans des ouvrages récents comme Du conflit de civilisation à la guerre de substitution (2022).