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Olga HAHN-NEURATH

Philosophes modernes
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Olga HAHN-NEURATH
Olga HAHN-NEURATH

Olga HAHN-NEURATH

1882 – 1937

Olga HAHN-NEURATH était une mathématicienne et philosophe autrichienne, membre à part entière du Cercle de Vienne et l’une des rares femmes de ce milieu à avoir joué un rôle reconnu dans le développement de l’empirisme logique. Née à Vienne, elle étudie les mathématiques et la philosophie à l’université de Vienne à partir de 1902, puis devient aveugle à 22 ans, en 1904, sans interrompre pour autant son parcours intellectuel. En 1911, elle devient la troisième femme à obtenir un doctorat en philosophie à l’université de Vienne, avec un travail ancré dans la logique mathématique.

Elle se spécialise dans la logique symbolique et l’algèbre de Boole, un domaine alors en plein développement et central pour les projets de formalisation du raisonnement scientifique. Ses recherches sont suffisamment remarquées pour que Clarence Irving Lewis, dans A Survey of Symbolic Logic, salue ses contributions comme parmi les plus importantes en logique symbolique de son temps. Elle publie notamment des travaux sur le dualisme en logique et développe une maîtrise technique des systèmes formels qui nourrit les discussions du Cercle sur le statut de la logique et des mathématiques.

En 1912, elle épouse Otto Neurath, qu’elle a connu durant ses études, et leur vie intellectuelle devient étroitement liée. Ils collaborent sur des questions de logique et de philosophie des sciences, et Olga participe régulièrement aux réunions du groupe qui se structure autour de Moritz Schlick avant de devenir le Cercle de Vienne. Elle est ainsi l’une des trois femmes membres du noyau dur du Cercle, avec Rose Rand et Olga Taussky, ce qui la place dans une position à la fois centrale et minoritaire dans un milieu très masculin.

Comme beaucoup de membres du Cercle, elle quitte Vienne après la guerre civile autrichienne de 1934 et s’exile aux Pays-Bas avec Otto Neurath et Marie Reidemeister. Sa trajectoire illustre à la fois l’ouverture relative du Cercle de Vienne à la participation des femmes et les obstacles structurels auxquels elles restaient confrontées dans le monde académique de l’époque.