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Michael SANDEL

Philosophes contemporains — monde
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Michael SANDEL
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"Philosopher Michael Sandel on What Trump’s Win Says About American Society " par Amanpour and Compagny

Michael SANDEL

1953

Michael SANDEL est un philosophe américain dont les travaux se concentrent sur la justice, l'éthique, la démocratie et les limites morales des marchés. Il est particulièrement connu pour sa critique du libéralisme moderne et son plaidoyer en faveur d'une approche plus "communautarienne" de la politique. Ses principales idées peuvent être résumées comme suit :

Sa critique de la théorie de la justice de John Rawls, exposée notamment dans son premier livre "Liberalism and the Limits of Justice", il conteste cette vision d'un "moi désengagé" ou "non-lié", arguant que les individus ne sont pas des entités abstraites et autonomes, mais sont intrinsèquement façonnés par leurs appartenances, leurs histoires, leurs communautés et leurs obligations morales préexistantes (famille, nation, religion). Il soutient que la tentative du libéralisme de se montrer neutre sur les questions morales et éthiques est illusoire et appauvrissante.

Il insiste sur la nécessité d'intégrer les questions morales et éthiques au cœur du débat public et de l'élaboration des politiques. Plutôt que de les contourner, les décideurs politiques et les citoyens devraient s'engager dans une délibération morale ouverte et respectueuse. Une société juste ne peut pas simplement maximiser l'utilité (utilitarisme) ou garantir des droits individuels abstraits, elle doit s'interroger sur la nature du "bien commun" et sur les vertus que les citoyens devraient cultiver.

Dans son ouvrage "What Money Can't Buy", il explore les dangers de l'expansion croissante de la logique du marché dans toutes les sphères de la vie et soutient que si les marchés sont efficaces pour allouer certains biens, ils peuvent corrompre ou dégrader la valeur de biens et de pratiques qui ont une signification morale ou civique.

Dans son livre le plus récent "The Tyranny of Merit", il critique l'idéologie de la méritocratie, qu'il voit comme une source majeure du ressentiment et de la division sociale dans les démocraties occidentales et soutient que si l'idée de récompenser le talent et l'effort semble juste en surface, elle conduit à une "tyrannie" pour ceux qui échouent, leur faisant croire que leur échec est entièrement de leur faute et qu'ils ne méritent pas mieux. Cette idéologie, associée à la mondialisation néolibérale, a renforcé les inégalités et miné la dignité du travail manuel et des professions moins rémunérées, créant une élite arrogante et une masse de laissés-pour-compte qui se sentent méprisés.