

Léon BRUNSCHVICG était un philosophe idéaliste français issus d’une famille juive cultivée, normalien et agrégé de philosophie, il enseigna à la Sorbonne de 1909 à 1940 et domina une grande partie de la vie philosophique française de l'entre-deux-guerres.
Sa philosophie, qualifiée d'« idéalisme critique » ou d'« idéalisme spiritualiste », part de la conviction que la réalité n'est accessible qu'à travers l'activité de l'esprit. Dans son œuvre maîtresse, Les Étapes de la philosophie mathématique (1912), il montre que l'histoire des mathématiques révèle les progrès de la conscience spirituelle : chaque grande révolution mathématique — de l'arithmétique grecque à la géométrie non euclidienne — correspond à un approfondissement de la compréhension que l'esprit a de lui-même et du monde.
Dans L'Expérience humaine et la causalité physique (1922) et Le Progrès de la conscience dans la philosophie occidentale (1927), il approfondit cette vision d'une histoire de la pensée comme progrès de l'esprit vers lui-même. Sa philosophie religieuse, exposée dans La Raison et la Religion (1939), défend un spiritualisme laïc et rationnel, proche de l'héritage de Spinoza. Il influença profondément les générations de philosophes français qui s'imposèrent après lui, notamment Jean-Paul Sartre et Maurice Merleau-Ponty, même si ce fut parfois par réaction contre son idéalisme.