

John WYCLIF était un philosophe anglais souvent considéré comme un grand précurseur de la Réforme protestante, par sa critique radicale de l’Église médiévale et son appel à revenir à l’Écriture. Il affirme la primauté absolue de l’Écriture : la Bible est l’autorité suprême, au-dessus du pape, des conciles et de la tradition, ce qui l’amène à rejeter de nombreuses pratiques non explicites dans la Bible. Sa doctrine de la "seigneurie fondée sur la grâce" soutient que toute autorité vient de Dieu et est perdue en cas de péché mortel ; un clerc en état de faute grave ne devrait plus exercer ni pouvoir ni propriété.
Il défend un réalisme métaphysique très fort : les universaux et les vérités existent réellement dans la pensée de Dieu, ce qui structure tout son système philosophique en mettant l’accent sur la logique comme instrument indispensable pour comprendre la vérité : pour lui, la bonne compréhension de la Bible passe par une solide formation dialectique et une analyse logique des propositions.
Parmi ses écrits majeurs figurent "De dominio divino", "De veritate Scripturae", "De potestate papae" et divers traités logiques et métaphysiques rédigés avant 1371. Il inspire la première traduction intégrale de la Bible en moyen anglais et donne naissance à un mouvement de disciples, les lollards, qui diffuseront ses idées en Angleterre et nourriront des mouvements comme celui de Jan Hus, préparant ainsi le terrain à Luther et à la Réforme du XVIᵉ siècle.