

Johann Gottlieb FICHTE était un philosophe allemand et l'un des fondateurs du mouvement philosophique connu sous le nom d'idéalisme allemand, ouvrant la voie à Schelling et Hegel. Admirateur de la Révolution française, il soutient une philosophie engagée sur les questions de liberté individuelle et de justice sociale.
Il s’interroge sur la relation entre le sujet et l’objet : le monde existe-t-il en dehors de l’idée que je m’en fais, ou a-t-il besoin de moi pour exister en tant que tel ? C’est la question de l’unité du sujet connaissant et du sujet agissant, centrale dans sa pensée. Pour lui, le sujet (le « Moi ») est actif et producteur : il ne se contente pas de recevoir la réalité, mais la constitue. Le Moi produit le Non-Moi, c’est-à-dire que la conscience subjective est à l’origine de l’expérience et du monde objectif.
Son œuvre majeure est la "Doctrine de la science" paru en 1794, où il cherche à dépasser l’opposition entre sujet et objet héritée de Kant pour affirmer la supériorité du sujet sur l’objet, qui lui serait subordonné. Il fonde ainsi une métaphysique de l’absolu qui réunit philosophie du sujet et philosophie de l’action, mais aussi de l’éthique, du droit, de l’État, la nation et de la religion.
Il insiste sur la nécessité de penser la liberté et la responsabilité morale comme fondements de l’expérience ; sa réflexion sur l’action politique et l’émancipation individuelle mêle spéculation philosophique et visée éthique et sociale.
Il reste une figure incontournable de la philosophie moderne, notamment pour sa réflexion sur la subjectivité, la liberté et l’action.