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Jean-Marie GUYAU

Philosophes français modernes
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Jean-Marie GUYAU
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Jean-Marie Guyau's 'The Ethics of Epicurus' with Federico Testa

Jean-Marie GUYAU

1854 – 1888

Jean-Marie GUYAU était un philosophe français, l'un des esprits les plus originaux et les plus précoces, emporté par la tuberculose à seulement 33 ans. Beau-fils d'Alfred Fouillée qui l'introduisit à la philosophie, il fut reçu premier à l'agrégation à 18 ans et publia ses premières œuvres importantes dès ses vingt ans. Malgré une santé précaire qui l'obligea à vivre en Provence, il produisit en quinze ans une œuvre considérable qui anticipe de nombreux thèmes de la philosophie et de la sociologie du XXe siècle.

Sa pensée philosophique s'articule autour d'une éthique vitaliste fondée sur la surabondance de la vie. Dans Esquisse d'une morale sans obligation ni sanction (1885), il propose une morale qui ne repose ni sur l'impératif kantien ni sur le calcul utilitaire, mais sur la tendance naturelle de la vie intense à se répandre et à communiquer. La moralité serait ainsi l'expression d'une vie débordante qui cherche à s'étendre au-delà d'elle-même, par un mouvement de don et de générosité spontanés. Cette conception vitaliste de la morale anticipe certains aspects de la pensée de Bergson et de Nietzsche.

Dans L'Irréligion de l'avenir (1887) et L'Art au point de vue sociologique (1889, posthume), il préfigure des thèmes qui allaient devenir centraux dans la sociologie et l'esthétique du XXe siècle. Nietzsche le lut avec attention et lui rendit un hommage discret. Durkheim critiqua sa morale dans sa thèse. Sa mort prématurée priva la philosophie française d'une voix exceptionnelle, et son œuvre, longtemps sous-estimée, mérite d'être redécouverte comme l'une des tentatives les plus audacieuses de la morale naturaliste française.