

Jean BURIDAN était un philosophe français, docteur scolastique, associé au développement d’un scepticisme religieux ainsi qu’à la conception de "l’impetus" qui préfigure des idées mécaniques ultérieures. Il est considéré comme un nominaliste radical, contestant l’existence des universaux en tant que propriétés réelles indépendantes des choses particulières. Cette orientation soutient une approche du savoir centrée sur les choses sensibles et les mots plutôt que sur des essences abstraites.
Il est l’un des premiers à dépoussiérer et développer la théorie de l’impetus (impulsion) pour expliquer le mouvement des corps, en rupture avec certaines interprétations aristotéliciennes. Dans sa conception, l’impetus entretient le mouvement et se dé grave progressivement, jusqu’à ce qu’il perde suffisamment de force pour cesser, ce qui ouvre la voie à une explication mécaniste du mouvement qui sera reprise par Galilée, Descartes et Newton.
Il explore la question du libre arbitre et l'illustre avec son paradoxe de l'âne, un dilemme philosophique sur le libre arbitre et la rationalité. Il développe une forme de déterminisme lié au nominalisme, tout en discutant des conditions sous lesquelles une volonté peut choisir entre plusieurs options, ce qui a alimenté des discussions ultérieures sur la liberté humaine et la responsabilité.
Son opposition critique à certains dogmes et son éloignement des conclusions de ses maîtres et du dogme officiel sont vus par certains historiens comme le début d’un scepticisme religieux en Europe médiévale. Cette attitude a parfois été interprétée comme une étape vers une révolution scientifique fondée sur l’observation et la raison plutôt que sur l’autorité théologique.