

Giorgio AGAMBEN est un philosophe italien dont l'œuvre est caractérisée par une approche interdisciplinaire, puisant dans la philosophie, le droit, la théologie, l'histoire et la littérature pour examiner des concepts fondamentaux de la vie politique et sociale.
- Homo Sacer Animatic et la "vie nue" (zoê) : C'est sans doute son concept le plus célèbre, développé dans sa série d'ouvrages "Homo Sacer". Il explore l'idée d'une vie qui, tout en étant biologiquement vivante (zoê), est exclue de la protection du droit et réduite à sa simple existence biologique, pouvant être tuée sans être sacrifiée. Cette "vie nue" est le corrélat du pouvoir souverain, qui peut décider de l'exception et suspendre l'ordre légal. Il utilise cette notion pour analyser des phénomènes tels que les camps de concentration, mais aussi des aspects plus contemporains de la biopolitique.
- L'état d'exception : En s'inspirant de Carl Schmitt et Walter Benjamin, il étudie la manière dont l'état d'exception – la suspension temporaire de la loi pour faire face à une crise – tend à devenir la règle dans les systèmes politiques modernes, brouillant les frontières entre le droit et le fait, la loi et la violence.
- Forme-de-vie : il développe ce concept, emprunté à Ludwig Wittgenstein, pour penser une vie qui ne serait pas réductible à la "vie nue" et qui serait intrinsèquement liée à sa forme, à ses pratiques et à son éthique, sans être soumise à une norme extérieure.
Sa méthode philosophique est souvent une archéologie des concepts, cherchant à remonter aux origines des notions pour en révéler les présupposés cachés et les implications actuelles. Il s'intéresse notamment à la théologie, au droit romain et à la philologie. Il explore l'idée d'une puissance du "ne pas faire" ou du "désœuvrement" comme une forme de résistance à l'emprise du travail, de la production et de la performance dans la société contemporaine.