

Georges SOREL était un philosophe et sociologue français, principalement connu pour sa théorie du "syndicalisme révolutionnaire" et sa réflexion originale sur le rôle du mythe et de la violence dans l’histoire sociale. Il est particulièrement célèbre pour son ouvrage "Réflexions sur la violence" paru en 1908, où il défend l’idée que la grève générale et l’action directe sont des moyens essentiels pour l’émancipation ouvrière. Pour lui, la grève n’est pas seulement un moyen de revendication matérielle mais un acte fondateur, un mythe mobilisateur capable de forger une conscience collective et un esprit de combat chez les travailleurs.
Il distingue radicalement la notion de mythe de celle d’utopie. Le mythe a, selon lui, une force mobilisatrice concrète qui pousse à l’action, tandis que l’utopie a tendance à rigidifier l’histoire. Il considère le mythe comme une force morale et créatrice permettant de surmonter la crise des valeurs de la société contemporaine.
À la fin de sa vie, il s’éloigne du socialisme classique et se rapproche de mouvements intellectuels conservateurs et monarchistes, tout en affichant un certain malaise face à ces rapprochements. Son œuvre reste marquée par de nombreuses tensions : fidélité au marxisme, intérêt pour la morale, scepticisme envers le parlementarisme et critique de l’intellectualisme.