

Etienne BALIBAR est un philosophe français connu pour ses travaux au croisement du marxisme, de la philosophie politique et des questions comme les frontières et les droits de l'homme.
Ses réflexions portent sur le racisme, la citoyenneté, le cosmopolitisme et l'universalisme, critiquant le capitalisme néolibéral et défendant une politique émancipatrice. Il interroge les États-nations, les violences contemporaines et l'Europe dans un cadre marxiste revisité. Il promeut "l'égaliberté", liant égalité et liberté dans une anthropologie philosophique.
Parmi ses livres influents figurent "La Philosophie de Marx, Spinoza et la politique" ainsi que "Les Frontières de la démocratie et Droit de Cité". Récemment, "Histoire interminable et Passions du concept" synthétisent sa pensée sur l'histoire, l'épistémologie et la politique.
Il conçoit les frontières comme des institutions dynamiques, polysémiques et hétérogènes, qui ne séparent pas simplement nationaux et étrangers mais produisent des altérités et des exclusions sociales ayant une épaisseur spatiale et temporelle formant des zones de conflits, d'hybridations et de subjectivations inédites surtout en Europe. Il rejette la fusion stricte entre citoyenneté et nationalité, plaidant pour une citoyenneté transnationale ou un "droit de cité" en France ou en Europe, dissocié de la nationalité, incluant libre circulation et vote local. Il propose une "constitution citoyenne" européenne pour contrer un risque d'apartheid, via l'extension des droits civiques aux immigrés et sans-papiers.
La notion "d'égaliberté" unit indissolublement égalité et liberté comme principe révolutionnaire, posant un droit positif à la citoyenneté pour tous, conquis par insurrection contre les privilèges. Elle implique une réciprocité constitutive entre co-citoyens, rendant impossible l'exclusion du "peuple" politique, et vise une démocratisation horizontale des droits.