

Ernest RENAN était un philosophe, philologue et historien français, connu pour son approche critique des religions et sa réflexion sur la nation et la science. Professeur au Collège de France en 1862, malgré des controverses liées à ses idées, il publie "La Vie de Jésus" en 1863, premier tome de son Histoire des origines du christianisme. Après la défaite de 1870 face à la Prusse, il évolue vers un conservatisme élitiste tout en restant attaché à la liberté de pensée.
Il applique à la Bible une méthode historico-critique, traitant Jésus comme un homme ordinaire et non comme un être divin, ce qui provoque un scandale en son temps. Il oppose les Sémites (monothéisme du désert ) aux Indo-Européens (polythéisme de la forêt), liant religions et ethnies dans une vision évolutionniste influencée par la science de son époque. Pour lui, la religion évolue vers une piété laïque, détachée du dogme, où la science devient une forme de poésie.
Dans "Qu'est-ce qu'une nation ?" paru en 1882, il définit la nation non par la race ou la langue, mais par un "plébiscite de tous les jours" : un passé glorieux commun et une volonté présente de vivre ensemble. Après 1870, il prône une réforme morale et intellectuelle de la France, inspirée par la Prusse : élitisme, monarchie et discipline contre la démocratie excessive. Il rejette l'antisémitisme racial et l'ethnicisme allemand, voyant les nations comme des associations volontaires.
Il mêle rationalisme scientiste et s "sensibilité poétique, comme dans "Souvenirs d'enfance et de jeunesse" paru en 1883 où il évoque son enfance bretonne avec lyrisme. Influencé par Hegel et Kant, il défend un idéal aristocratique de l'esprit face au matérialisme du Second Empire, tout en célébrant Darwin et l'évolution. Sa pensée ambivalente – rationaliste mais mystique – en fait un penseur inclassable, préfigurant des débats sur la laïcité et l'identité.