

Bernadette BENSUDE-VINCENT est une philosophe française et historienne des sciences. Formée à l'École normale supérieure de Fontenay-aux-Roses, agrégée de philosophie en 1971 et docteure ès lettres en 1981, elle a enseigné à l'université Paris X-Nanterre puis Paris I Panthéon-Sorbonne jusqu'à sa retraite en 2015, où elle est professeure émérite. Elle a dirigé le Centre d'études des techniques, des connaissances et des pratiques (CETCOPRA) et été membre senior de l'Institut universitaire de France.
Elle a occupé des postes invités dans des universités internationales comme Madrid, Vienne ou Bielefeld, et collaboré avec le MIT sur l'histoire des matériaux. Membre de l'Académie des technologies et vice-présidente du comité d'éthique d'organismes comme l'Inrae, elle a contribué à la Cité des sciences et de l'industrie. Auteure d'une centaine d'ouvrages, elle a coordonné des programmes sur l'éthique des nanotechnologies et les technosciences.
Sa pensée critique la rupture bachelardienne entre science et opinion, plaidant pour leur interdépendance dans une "philosophie de terrain". Elle analyse la chimie, les technosciences et les technologies émergentes comme des pratiques sociales façonnant la matière, questionnant le pouvoir des sciences sur le vivant et la société. Elle rejette les visions réductionnistes pour souligner les controverses et la pluralité des savoirs.
Dans des essais comme L’Opinion publique et la science ou ses réflexions sur l'Anthropocène, elle promeut une "culture de la défiance" constructive contre la méfiance, favorisant des savoirs robustes. Ses recherches sur les matériaux et la biologie de synthèse interrogent l'hubris humaine, défendant une approche humaniste des relations science-société et une histoire des sciences attentive aux marges.