

Alfred FOUILLÉE était un philosophe français, auteur d'une œuvre considérable qui chercha à concilier idéalisme et naturalisme à travers le concept original d'« idée-force ». Né à La Pouëze dans le Maine-et-Loire, il fut reçu premier à l'agrégation de philosophie en 1867 mais dut interrompre sa carrière universitaire pour des raisons de santé et résida plusieurs années en Italie. Cette situation le conduisit à travailler en dehors des circuits académiques normaux, ce qui n'empêcha pas son œuvre d'être abondante et influente.
Sa doctrine philosophique centrale est celle des « idées-forces », exposée dans L'Évolutionnisme des idées-forces (1890) et dans de nombreux autres ouvrages. Contre le parallélisme psychophysique qui sépare les idées des actes, il soutient que les idées ne sont pas de simples représentations passives mais des forces qui tendent à se réaliser : toute idée consciente est une tendance à l'action, et la liberté consiste en la capacité de l'idée de soi à se déterminer elle-même. Cette thèse constitue une tentative originale de dépasser l'opposition entre déterminisme et liberté.
Son œuvre s'étend à la psychologie, la morale, la sociologie et la philosophie politique. Ses travaux sur la Psychologie du peuple français (1898) et la Morale des idées-forces (1908) témoignent de ses ambitions encyclopédiques. Il est aussi le beau-père de Jean-Marie Guyau, dont il éditera l'œuvre posthume. Par la richesse de ses réflexions sur le rapport entre idées et action, il anticipe certains thèmes du pragmatisme et du personnalisme. Son œuvre, longtemps oubliée, bénéficie aujourd'hui d'un regain d'intérêt.