
Le Tiers-mondisme est un courant de pensée politique et idéologique favorable aux pays du "tiers-monde" (Asie, Afrique, Amérique latine), en opposition aux blocs occidental et soviétique pendant la Guerre froide.
Introduit en 1952 par le démographe Alfred Sauvy, le terme évoque le "Tiers-État" révolutionnaire pour désigner les nations pauvres ou décolonisées cherchant émancipation et non-alignement. Dans une acception large, il soutient leur développement économique et politique; dans un sens polémique dès les années 1970, il accuse l'Occident d'exploiter ces pays via multinationales, dettes et dictatures.
Soutenu par des intellectuels français comme Jean-Paul Sartre, Frantz Fanon ou Régis Debray, ainsi que des leaders comme Nasser, Che Guevara ou Boumédiène, il lie anticolonialisme, marxisme et internationalisme. En France, il imprègne la gauche post-1968, promouvant solidarité avec les révolutions du Sud global.
Le tiers-mondisme décline avec les échecs des expériences socialistes tier-mondistes et la mondialisation, critiqué comme naïf ou culpabilisant l'Occident ("sanglot de l'homme blanc"). Il influence aujourd'hui des mouvements altermondialistes ou souverainistes, se distinguant de l'anticolonialisme par son optimisme révolutionnaire.