
Le Silhak (« études pratiques ») est un mouvement de réforme intellectuelle né en Corée au XVIIe siècle et particulièrement actif au XVIIIe, en réaction contre un néo-confucianisme jugé trop absorbé par les querelles métaphysiques abstraites.
Ses penseurs — Yu Hyeongwon, Yi Ik, Jeong Yak-yong — prônent une philosophie tournée vers l’utilité concrète : réforme agraire, redistribution des terres, méthodes agricoles nouvelles, administration efficace. Le savoir n’a de valeur que s’il améliore réellement la vie du peuple.
Le Silhak s’ouvre également aux sciences occidentales introduites par les missionnaires jésuites en Chine — astronomie, cartographie, mathématiques — dans un esprit d’emprunt pragmatique plutôt que de rejet idéologique. Cette curiosité en fait un précurseur singulier de la modernisation coréenne.
Bien que marginalisé politiquement en son temps, le Silhak est aujourd’hui reconnu comme l’un des ferments intellectuels de la modernité coréenne, annonçant les réformes du XIXe siècle et l’ouverture du pays.