
La Pensée nahua désigne le système philosophique et cosmologique des peuples nahuas (dont les Aztèques) de la valleé du Mexique, transmis par les tlamatinime — les « sages qui savent » — avant la conquête espagnole du XVIe siècle.
Sa notion centrale, teotl, désigne une énergie divine dynamique et immatérielle qui anime et constitue l’univers entier — non un dieu personnel, mais un processus cosmique en perpétuel mouvement. Le monde sensible (in xochitl in cuicatl, « fleur et chant ») n’est qu’une manifestation fugace et changeante de cette force sous-jacente.
Cette pensée repose sur un dualisme complémentaire — vie et mort, ordre et chaos, masculin et féminin — conçu non comme opposition mais comme équilibre nécessaire, et sur une conception cyclique du temps : le monde a déjà été détruit et recréé à travers plusieurs « soleils » cosmiques successifs.
Les tlamatinime interrogeaient aussi, dans une veine proche du scepticisme, la fragilité et l’impermanence de l’existence humaine — des poèmes philosophiques nahuatl méditant sur la fugacité de la vie ont survécu et sont aujourd’hui étudiés comme une authentique tradition de pensée mésoaméricaine.