
Le Jdanovisme est une doctrine idéologique et culturelle russe sous l’influence d’Andreï Jdanov, plutôt qu’une philosophie au sens classique. Il repose sur une vision très normative de l’art : la création doit servir le Parti, défendre le réalisme socialiste et rejeter les formes jugées “formalistes” ou trop éloignées du peuple. En ce sens, il propose bien une manière cohérente de penser le rôle de l’art dans la société.
On le décrit plus souvent comme un courant de pensée politico-culturel ou une ligne doctrinale, parce qu’il ne cherche pas d’abord à analyser librement le monde, mais à encadrer et orienter les productions intellectuelles et artistiques. Il s’agit donc moins d’une théorie ouverte que d’un ensemble de règles imposées.
Son principe central est le réalisme socialiste : l’art doit représenter la réalité de façon compréhensible, valoriser le peuple, le travail et le régime soviétique, et rejeter les formes jugées trop abstraites, expérimentales ou “formalistes”. Cela concernait la littérature, la musique, le cinéma, la peinture et plus largement toute production culturelle.
Dans les faits, le Jdanovisme artistique a renforcé la censure et la surveillance des artistes. Ceux qui ne suivaient pas la ligne officielle pouvaient être critiqués, marginalisés ou interdits de diffusion, notamment lorsqu’on leur reprochait de ne pas être assez “accessibles” au peuple.
Ce courant a eu un effet profond sur la vie culturelle soviétique, en imposant une norme esthétique très rigide. Il a favorisé les œuvres idéologiquement conformes, mais a aussi freiné l’innovation et limité la liberté de création. On peut le voir comme une forme de contrôle politique de l’art, où la valeur d’une œuvre dépendait moins de sa force créatrice que de sa conformité au projet idéologique soviétique.