
Le Falsificationnisme est une théorie de la connaissance scientifique élaborée par Karl Popper dans La Logique de la découverte scientifique (1934). Il propose un critère de démarcation entre science et non-science : une théorie est scientifique si et seulement si elle est réfutable, c'est-à-dire si l'on peut concevoir une observation ou une expérience capable de la mettre en défaut.
Popper s'oppose au positivisme logique du Cercle de Vienne, qui cherchait à fonder la science sur l'induction et la vérification. Pour lui, aucune accumulation d'observations ne peut vérifier définitivement une théorie universelle, mais une seule observation contraire suffit à la réfuter. La science progresse non par accumulation de vérités, mais par élimination d'erreurs : c'est un processus de conjectures et réfutations.
Cette épistémologie a des conséquences importantes : elle disqualifie comme non-scientifiques des doctrines comme la psychanalyse ou le marxisme (selon Popper), qui peuvent toujours s'accommoder de faits contraires. Le falsificationnisme a profondément influencé la philosophie des sciences au XXe siècle, suscitant des débats majeurs avec Thomas Kuhn (paradigmes) et Imre Lakatos (programmes de recherche).