

Yujin NAGASAWA est un philosophe japonnais, professeur à l'Université de Birmingham au Royaume-Uni, où il occupe la chaire de philosophie de la religion. Il est considéré comme l'une des figures les plus importantes et les plus prolifiques dans les domaines de la philosophie de la religion, la philosophie de l'esprit et la métaphysique analytique. Sa renommée est principalement due à son travail sur deux grands problèmes : le problème du mal et l'existence de Dieu.
Il a apporté une contribution majeure au débat séculaire sur le problème du mal. Le problème traditionnel pose que l'existence d'un Dieu omnipotent, omniscient et omnibienveillant est incompatible avec l'existence de la souffrance et du mal dans le monde. Il a proposé une défense innovante appelée "la défense du Dieu ultime" (Maximal God defence). Au lieu de tenter de justifier pourquoi Dieu permettrait le mal, il remet en question la conception même de Dieu qui sous-tend le problème. Il argue que le Dieu de la tradition athée est un "Dieu modaleirement limité", c'est-à-dire un être qui, bien que très puissant, existe simplement dans un monde possible et y exerce ses pouvoirs. Le véritable Dieu ultime doit être un être "modaleirement immuable", qui existe de la même manière dans tous les mondes possibles. Les propriétés d'un tel être seraient si radicalement différentes de notre compréhension que nous ne pouvons pas affirmer avec certitude que le mal que nous observons est logiquement incompatible avec son existence. En d'autres termes, notre cadre conceptuel est trop limité pour juger de ce qu'un Dieu ultime permettrait ou non.
Dans le domaine de la philosophie de l'esprit, il a développé, avec le philosophe australien David Chalmers, une version du panpsychisme appelée "la théorie du double aspect du monisme panprotopsychiste". Face au "problème difficile de la conscience" (pourquoi l'activité cérébrale produit-elle une expérience subjective ?), cette théorie propose que la matière physique et la conscience (ou du moins des propriétés protoconscientes) sont deux aspects d'une seule et même réalité fondamentale. C'est une tentative élégante de naturaliser la conscience sans tomber dans le réductionnisme matérialiste ni dans un dualisme substance.
Il a également travaillé sur l'immortalité et la vie après la mort, la notion de perfection divine, et les implications philosophiques de la maladie mentale (comme la schizophrénie et le trouble de la personnalité multiple sur la notion de soi). Il est un penseur de premier plan qui, par ses travaux sur le mal, Dieu et la conscience, pousse les frontières de la philosophie analytique et offre des perspectives nouvelles et stimulantes sur certaines des questions les plus profondes de l'humanité.
Il est un critique important du "vitalisme", l'idée que la vie biologique doit être préservée à tout prix. Il argue que la qualité de la relation que l'on entretient avec sa propre vie est plus importante que la simple prolongation de l'existence biologique. Cela l'amène à des réflexions profondes sur l'euthanasie, les soins palliatifs et l'accompagnement de la fin de vie, où il privilégie une approche centrée sur le sens que la personne donne à sa vie jusqu'à son terme.