

(Son année de naissance n’étant pas connu, il est positionné ici de façon approximative)
Yamm DALL-AGLIO est un philosophe et essayiste français, agrégé de philosophie, qui s’est fait connaître par une manière accessible, humoristique et volontiers provocatrice de traiter les problèmes existentiels contemporains. Il a notamment enseigné la philosophie et s’est adressé à un large public à travers ses livres, ses conférences et une intervention TEDx consacrée à l’amour moderne. Son œuvre se situe ainsi à la croisée de la philosophie, de la satire sociale et de la vulgarisation.
Dans Une Rolex à 50 ans : A-t-on le droit de rater sa vie ?, il part d’une formule célèbre de Jacques Séguéla pour interroger l’idée selon laquelle la réussite se mesurerait à la richesse, au prestige ou aux signes extérieurs de succès. Il montre que « réussir sa vie » n’a rien d’une norme objective : chacun donne un contenu différent au bonheur, à l’accomplissement ou à la réussite. La possession d’une Rolex devient alors le symbole d’une société qui confond la valeur d’une existence avec sa visibilité sociale.
Sa philosophie défend donc le droit à une « vie de traviole », c’est-à-dire une existence qui ne suit pas nécessairement les modèles dominants de la performance, de la productivité et de la consommation. Il ne s’agit pas de glorifier l’échec ou la passivité, mais de refuser l’obligation de transformer sa vie en projet rentable et parfaitement maîtrisé. Dans cette perspective, l’erreur, l’errance, la simplicité et même certaines impasses peuvent avoir une valeur existentielle : une vie n’est pas ratée simplement parce qu’elle ne ressemble pas aux critères sociaux de la réussite.
Dans JTM. L’amour est-il has been ?, il applique cette réflexion au domaine amoureux. Il définit l’amour comme le désir d’être désiré et analyse les difficultés que l’individualisme, la logique de la performance, les rencontres virtuelles et les réseaux sociaux introduisent dans les relations. Puisque chacun cherche à être reconnu comme désirable, la relation amoureuse peut prendre la forme d’un véritable « marché des désirs », où l’on négocie sans cesse sa valeur aux yeux d’autrui. Il ne conclut toutefois pas à la disparition de l’amour : il plaide plutôt pour la tendresse, l’humour, la vulnérabilité et le droit à la maladresse.
Son style est inséparable de sa démarche philosophique : il préfère l’ironie au ton professoral et les exemples ordinaires aux abstractions isolées. Dans Vies, sentences et doctrines des sages imaginaires, il invente même de faux penseurs pour parodier les biographies et les doctrines philosophiques, tout en proposant une réflexion amusée sur notre besoin de fabriquer des autorités et des systèmes. Sa philosophie peut ainsi être comprise comme un scepticisme bienveillant : elle se méfie des recettes du bonheur, des normes de réussite et des discours trop sérieux, mais elle conserve une confiance dans l’amour, la liberté et la possibilité de vivre autrement.