

Vital DUFOUR était un théologien franciscain français et un philosophe scolastique devenu cardinal. Également connu sous les formes latines Vitalis de Furno ou Joannes Vitalis, appartient à l’ordre des Franciscains et se forme dans le cadre universitaire médiéval, probablement à Paris. Il devient prieur d’Eauze, puis est appelé à la cour pontificale; il est fait cardinal en 1312 par le pape Clément V, ce qui le place au cœur de la vie ecclésiastique et politique de son temps.
Il est un représentant de la scolastique tardive: il pratique une philosophie théologique marquée par la méthode de la disputatio (questions, objections, réponses) et par l’usage systématique d’Aristote dans le cadre chrétien. En tant que franciscain, sa pensée se situe dans la lignée de Bonaventure et de Duns Scot, avec une insistance sur la liberté, la volonté et la dimension spirituelle de l’âme, même si ses positions exactes peuvent varier selon les traités. Il se distingue notamment par sa participation aux débats sur la connaissance, la nature de l’âme, la grâce et les rapports entre raison et foi, qui structurent la philosophie médiévale du XIVᵉ siècle naissant.
La tradition locale lui attribue la rédaction, vers 1310, d’un ouvrage encyclopédique dit "livre très utile", présentant des savoirs "scientifiques" au sens médiéval (médecine, diététique, observations morales et spirituelles). Ses écrits témoignent de l’effort de concilier l’héritage aristotélicien avec la doctrine chrétienne, en cherchant à offrir une vision cohérente du monde, de l’homme et de Dieu dans le cadre institutionnel de l’Église.
Sa double identité de théologien franciscain et de cardinal en fait un médiateur entre les débats intellectuels des couvents et des universités et les décisions doctrinales et disciplinaires de la Curie. Sa carrière illustre la place des ordres mendiants dans les structures de pouvoir de l’Église à la fin du Moyen Âge, où les grands intellectuels deviennent aussi acteurs de la politique pontificale.